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Il y a quelques jours encore, l'ensemble des observateurs donnaient bien peu de chances au défenseur central, 34 ans, d'être titulaire lors du premier match de la Nazionale face aux Pays-Bas, lundi à Berne.
Auteur d'une deuxième partie de saison sans relief - après, il est vrai, une blessure qui l'a laissé sur le flanc plusieurs mois -, il semblait condamné à laisser Barzagli ou Chiellini occuper l'axe avec Cannavaro, l'incontestable patron de la défense. Mais le forfait du capitaine, qui s'est blessé lors du premier entraînement en Autriche, a tout changé.
En raison de son expérience, de la parfaite maîtrise qu'il avait affichée au Mondial-2006 en plus de ses deux buts marqués (contre la République tchèque au 1er tour puis face à la France en finale), sa cote a naturellement remonté.
«Je suis bien, sinon je ne serais pas là, assure-t-il. Je suis dans le même état qu'à la Coupe du monde. Et j'ai toujours cette volonté qui m'a fait gagner deux titres (2007, 2008) et le Mondial».
Mais, signe que le sélectionneur Roberto Donadoni s'interroge, il a testé une charnière Barzagli-Chiellini lors de l'entraînement, jeudi. Pour le «géant de Berlin», comme le surnomme la presse italienne, rien n'est donc vraiment acquis.
«Si je joue? Ce n'est pas moi qui peux répondre, mais le sélectionneur, rétorque-t-il. Mais je fais partie des 23. Et au Mondial, je n'étais pas titulaire, mais je me suis fait ma place (à la suite de la blessure de Nesta, ndlr). Je n'étais pas un phénomène à l'époque, et, aujourd'hui, je ne suis pas davantage un +tocard+».
«Passer outre les préjugés»
«J'ai conscience de ma force, mais je n'ai pas de certitudes, poursuit-il. Depuis que je suis enfant, j'ai dû passer outre les préjugés dans la vie, dans le sport. Aujourd'hui, il va falloir que je démontre une nouvelle fois ce que je vaux».
«Et puis, de toute façon, faire partie d'un groupe oblige aussi à accepter les choix qui ne vont pas dans ton sens», ajoute-t-il.
Les critiques à son égard ont été été dures en fin de saison, notamment lorsqu'il a manqué un penalty qui, s'il avait été marqué, aurait offert le titre à l'Inter Milan avant la dernière journée. «Comme disait Kennedy, je crois, répond-il, +Pardonne ce qu'ils ont dit, mais n'oublie pas leurs noms+ (en réalité, «Pardonner vos ennemis, mais ne jamais oublier leurs noms», ndlr)».
Lundi, les champions du monde vont démarrer l'Euro contre les Pays-Bas. «Une équipe redoutable et bien organisée, il va falloir courir», souligne Materazzi qui, s'il est finalement titulaire, devra se frotter au redoutable attaquant Ruud van Nistelrooy: «C'est le genre qui peut te faire très mal à n'importe quel moment, mais je n'ai jamais joué contre lui. En fait, je n'ai jamais eu cette malchance».