Ce blog est un blog avec beaucoup d'informations sur plusieurs sujets différents. Il ne contient aucunes photos choquantes, ni vidéo ou autres propos choquants. Même si ce blog peut paraître comme plusieurs autres blog d'informations, il contient de l'humour en même temps que son information détaillée et précise. En me donnant vos commentaires parfois, je pourrais modifier certaines choses ou ajouter des catégories de discussion pour vous. Je vous encourage à vous inscrire à m a communauté pour
Il était 1h30, dans la nuit de lundi à mardi, lorsque j’ai téléphoné à Denis Beaudet. Quelques minutes plus tôt, sa fille Marie-Pier venait de livrer la meilleure performance canadienne depuis que le tir à l’arc a adopté la formule par match en 1996. Pour ce qui est de l’entrevue hâtive, c’était aussi un record pour l’auteur de ces lignes.
J’avais pris mes précautions en disant à Marie-Pier de rappeler à son père de ne pas se coucher tout de suite après leur joyeuse conversation. Aucun danger, le paternel était incapable d’aller au lit, plutôt fier de sa fille. Pour ce qui est de l’entraîneur, il était comblé par la performance de sa protégée.
Il venait de suivre le déroulement des deux duels de l’unique représentante du Canada à Pékin. Pas de son, pas d’image, juste des chiffres sur un ordinateur de Lévis branché sur le déroulement en direct de la compétition.
«L’image, on l’a dans notre tête; ce qui compte vraiment, c’est le score de chaque flèche. Elle a fait une très belle prestation contre deux adversaires qui n’étaient pas n’importe qui», prétendait M. Beaudet
D’abord, Marie-Pier a vaincu en «tir de barrage» l’Indienne Dola Banerjee, gagnante d’une Coupe du monde à Dubaï cette saison, avant de s’incliner avec dignité aux dépens de la Coréenne Yun Oh-Kee, véritable cupidon de la discipline comme en témoignaient ses deux premières places aux étapes de Croatie et de Turquie sur le circuit en 2008.
S’il avait été sur place, quelques frissons auraient traversé le corps de Denis Beaudet. Le tir à l’arc n’a plus rien d’une compétition sans aucun suspens. Le but est toujours de viser au centre de la cible, sauf qu’on rend le tout plus excitant en disputant un face à face au cours duquel chaque fille tire une flèche à tour de rôle, et ce, à 12 reprises. Le plus haut total l’emporte. Et honnêtement, il y a une tension palpable à savoir que son adversaire vient de faire 10 points et que vous devez l’imiter.
Après le 12e et dernier tour, son écran disait 109 à 108 pour Banerjee. Inquiétude… Ce qu’il ignorait, c’est que l’annonceur au terrain de tir à l’arc du Parc olympique confirmait qu’il y aurait une prolongation. «Je me disais : “oups, ça n’a pas bien fini…” Si quelqu’un avait des doutes sur son caractère, Marie-Pier vient de faire la démonstration depuis un mois qu’elle en avait», soulignait-il.
Marie-Pier était dans son élément au stade en forme de cornet. Elle ne se sentait pas intimidée par la foule partisane de Yun. Dans les gradins, les deux drapeaux canadiens sont rapidement éclipsés par ceux de la Corée. Les cinq partisans de Beaudet et la voix française qui lance quelques «allez Marie» ne font pas le poids face aux encouragements orchestrés d’au moins 300 compatriotes de la Coréenne.
Il faut savoir qu’en Corée du Sud, le tir à l’arc est aussi populaire que le hockey chez nous. Mardi matin, donc, Marie-Pier jouait contre Sydney Crosby ou Alexander Ovechkin.
Ça mérite bien une bouteille de champagne achetée en France! «On en a même deux», lance Denis Beaudet, qui attendra l’arrivée de Marier-Pier le 25 août pour les ouvrir.
D’ici là, il poursuivra son travail avec les jeunes du club Les archers de Lévis. Tiens, mardi matin, dès 9h, il se pointait à l’ancien garage servant d’entrepôt à l’arrière du Juvénat pour une session d’entraînement avec quatre espoirs ayant récemment réussi leur sélection pour les Mondiaux cadets et juniors, et ce, même si la nuit avait été courte.
Ils pourront s’inspirer de Marie-Pier, dont le calendrier 2009 comprendra quelques coupes du monde et les championnats mondiaux. D’ici là, elle se rendra aux Championnats provinciaux en qualité de spectatrice, accompagnée de ses chiens. «Ils vont avoir du fun.» Elle aussi.