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Le procès d´un homme de 46 ans, accusé d´avoir tué sauvagement son amant de 68 ans en mai 2007 à Genève, s´est ouvert jeudi devant la Cour d´assises. S´il est jugé coupable d´assassinat, le prévenu risque jusqu´à 20 ans de prison.
"Nous plaiderons le meurtre passionnel", ont annoncé François Canonica et Olivier Boillat, les deux avocats de l´accusé. Le prévenu, marié et père de deux enfants, fréquentait sa victime depuis plus de vingt ans. Selon lui, il aurait tué son amant pour mettre fin à une relation qu´il ne supportait plus.
Rapport dominé-soumis
Les rapports entre les deux hommes étaient teintés de sado-masochisme. L´accusé était celui qui était dominé dans le couple. Selon un inspecteur de police qui a participé à l´enquête, aucun élément ne permet d´affirmer que le crime a été prémédité. Le mobile du meurtre ne semble pas non plus être d´ordre pécuniaire.
Les faits se sont déroulés un soir de mai 2007 dans l´appartement de la victime, aux Pâquis. L´accusé est arrivé chez son amant après avoir bu de l´alcool. Les deux hommes se sont livrés à des jeux sexuels. En pleins ébats, le prévenu s´est levé est s´est rendu à la cuisine. Il en est revenu armé d´un couteau.
Acharnement
Avec son arme, il a commencé à frapper son partenaire. Le médecin légiste a compté 26 plaies sur le corps de la victime, dont deux pouvant entraîner la mort, une au thorax et l´autre au cou. L´accusé s´est acharné sur son amant. Se plaçant sur lui à califourchon, il a tenté de l´étouffer de ses mains.
Il a ensuite laissé agonisé son partenaire et a appelé sa femme, sa mère et la police pour leur dire ce qu´il avait fait. Après ces téléphone, il s´est versé un verre de whisky et a attendu l´arrivée des forces de l´ordre à moitié dénudé, assis sur une chaise, en face du corps de sa victime.
L´expert psychiatre a décrit l´accusé comme un homme impulsif et d´humeur instable. Le prévenu serait émotionnellement labile et incertain sur son orientation sexuelle. Selon le médecin, lors du crime, sa responsabilité était faiblement restreinte en raison de l´alcool. Son trouble de la personnalité n´aurait pas joué de rôle.
Le procès se poursuit vendredi.