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Patrick Roy accepte le compliment quand on avance que, n’eût été ses prouesses devant le filet, la disette du Canadien sans conquête de la coupe Stanley en serait cette saison à sa 30e année. Mais l’ancien gardien-vedette rappelle qu’il a fait partie de deux équipes championnes « très spéciales » en 1986 et en 1993.
«C'est flatteur, mais je n'ai rien fait seul. Ç'a été un travail d'équipe, a répondu Roy, hier, au cours d'une entrevue à La Presse Canadienne réalisée dans son bureau du Colisée de Québec. En 1986 et en 1993, je me suis retrouvé dans des équipes qui ont joué du gros hockey au bon moment. C'était deux équipes qui travaillaient très bien collectivement, sans être nécessairement les meilleures de la Ligue nationale sur papier.»
Le lauréat ces deux années-là du trophée Conn Smythe, qu'on accorde au joueur par excellence des séries éliminatoires de la LNH, a établi un rapprochement entre les deux dernières éditions championnes du Tricolore. «Ce qui les caractérisait, a-t-il souligné, c'était la 'chimie' qui existait entre les joueurs. Les deux groupes étaient très unis et prêts à tout afin de connaître du succès. Il n'y avait pas de limite à ce qu'on devait faire. On était prêts à s'imposer tous les sacrifices», a-t-il affirmé.
Gainey et Robinson
A quelques jours de voir son numéro 33 être élevé au rang des immortels du CH, samedi, Roy a évoqué ses débuts chez la Sainte-Flanelle, en 1986, et l'influence positive, voire cruciale, qu'ont eue sur le déroulement de sa carrière deux vétérans: Bob Gainey et Larry Robinson.
«Ils (Gainey et Robinson) m'ont façonné, il n'y a aucun doute, a-t-il lancé. Peut-être n'ai-je pas la bonne compréhension de ce que ça représente passer le flambeau, mais pour moi c'était ça passer le flambeau. Des vétérans qui te montrent la voie et qui t'expliquent comment ça fonctionne. Après, c'est à ton tour d'exercer le rôle de leader dans l'équipe. Est-ce que je l'ai fait habilement à mes débuts? Ben non, c'est un rôle que je n'étais pas habitué de remplir, a-t-il avoué. Parfois, j'étais un peu trop direct avec des coéquipiers.Mais c'est comme ça qu'on apprend.»
Le co-propriétaire des Remparts de Québec a tôt fait de constater qu'on ne se contentait pas de demi-mesures dès son arrivée dans l'équipe en 1986, la saison après avoir contribué à la conquête de la coupe Calder des Canadiens de Sherbrooke, dans la Ligue américaine.
Gagner... tous les matchs
«Ce groupe de joueurs, avec Mario Tremblay, voulait réellement gagner tous les matchs, ça se sentait dès qu'on entrait dans le vestiaire. On pouvait être en avant 2-0, mais on se le faisait dire si on jouait mal. Si on perdait 2-1 mais qu'on jouait bien, les gars s'encourageaient. Cette attitude a été très bénéfique pour la suite de ma carrière.»
Roy a raconté une anecdote révélatrice du leadership qu'exerçaient les Gainey et Robinson.
«C'était vers la fin de la saison 1985-86. J'avais tendance à accorder un mauvais but par match. A un moment donné, je me suis retrouvé seul dans le sauna au Forum. Je me demandais bien ce que je faisais-là, je pesais à peine 160 livres», a-t-il glissé à la blague.
«J'avais vu Robinson avant d'y aller et peu de temps après il est venu me rejoindre. Je me doutais bien que ce n'était pas une coincidence. Il m'a dit: 'les séries approchent, on n'en veut plus de mauvais buts'. Ça m'a beaucoup marqué, je n'ai pas arrêté de penser à ça par la suite. Ç'a été une bonne leçon pour moi, c'est un message que j'ai apprécié.»
Quelques mois plus tard, Roy et ses coéquipiers soulevaient la coupe Stanley à bout de bras.
A l'âge de 20 ans seulement, c'était la première des quatre conquêtes qu'il a savourées en 18 saisons dans la LNH, les deux dernières ayant été obtenues dans l'uniforme de l'Avalanche du Colorado en 1995 et en 2001.