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Dugrenier : Cinq secondes de trop

Après une attente de quatre ans, Martine Dugrenier, en l'espace de seulement cinq secondes, a vu s'envoler ses chances de gagner une médaille aux Jeux olympiques, dimanche.

 

Le sport peut parfois être cruel et la Québécoise de 29 ans l'a appris à ses dépens.

 

Elle n'a pu résister à une attaque désespérée de l'Américaine Randi Miller et elle a perdu à la fois la période décisive et la médaille de bronze en lutte style libre chez les 63 kg.

 

En présence des journalistes, Dugrenier, qui s'est finalement contentée d'une cinquième place, a retenu ses larmes. On se demande encore comment elle a fait.

 

«Je me suis fait prendre dans une mauvaise position», a-t-elle expliqué.

 

«J'ai été un peu trop défensive quand j'aurais dû attaquer dans l'espoir d'obtenir un autre point.

 

«Cette stratégie m'avait pourtant bien servie en deuxième période.»

 

Dugrenier menait 1-0 avec environ dix secondes à écouler lorsque Miller l'a ébranlée au point de l'obliger à mettre une main au tapis.

 

«Malgré tout, a-t-elle dit, je ne pensais pas qu'il s'agissait d'un point. L'arbitre en a décidé autrement.»

 

Et quand il y a égalité dans une période, celle qui marque le dernier point est aussitôt déclarée gagnante.

 

Miller, promue au repêchage, n'aura eu qu'une demi-heure de répit entre ses deux derniers combats. Ce qui ne l'a pas empêchée de réussir l'improbable.

 

Sur le tapis, Miller a joué le rôle du petit taureau.

 

Elle n'a jamais cessé de foncer sur Dugrenier qui, visiblement, a eu bien du mal à s'adapter au style de sa rivale.

 

«J'ai marqué des points grâce à ma technique, a repris Dugrenier, alors que l'Américaine n'a jamais cessé de me pousser. Elle ne voulait pas vraiment s'impliquer. Dommage.

 

«Elle ne me donnait pas beaucoup d'espace, mais ce n'est pas une excuse.

 

«Je l'avais battue en 2005, mais elle a modifié son style depuis.»

 

UN TIRAGE DIFFICILE

 

Pendant que les dernières secondes s'envolaient, Miller aura tenté le tout pour le tout.»Mon coach m'a crié de foncer, a-t-elle dit. Et j'ai foncé. J'ai réussi une attaque que j'ai souvent réussie dans les exercices.

 

«Dans ma tête, il me restait encore suffisamment de temps pour tenter quelque chose.»

 

Dugrenier avait amorcé son parcours en sortant facilement la Hongroise Marianna Sastin (sur abandon) avant d'écarter l'une des favorites, la Chinoise Xu Haiyan, grâce à une clé de jambe en quart de finale.

 

Ensuite, elle a perdu de justesse devant la Japonaise Kaori Icho qui, par la suite, a remporté la médaille d'or. Sur la scène internationale, Icho n'a pas connu la défaite depuis six ans.

 

«Toute la journée, a mentionné Dugrenier, j'ai livré des combats difficiles. Le tirage ne m'a pas fait de cadeau. Ç'aurait difficilement pu être pire.»

 

L'INSTRUCTEUR NE RÉPOND PAS

 

Malgré sa déception, Dugrenier, sur un ton plus ou moins convaincant, a insisté sur l'urgence de tourner la page et d'aller de l'avant.

 

«Notre équipe a remporté deux médailles, samedi, et j'espère sincèrement que son succès contribuera à populariser notre sport chez moi au Québec et à travers le Canada», a souhaité Dugrenier.

 

«Après la première médaille olympique de Nicolas Gill, durant des années, le judo a connu une immense popularité. J'espère que la lutte connaîtra le même regain.»

 

D'autre part, les journalistes ont demandé à s'entretenir avec l'instructeur de l'équipe, Victor Zilberman.

 

Les journalistes ont attendu une vingtaine de minutes, mais monsieur Zilberman n'a jamais daigné se présenter.

 

En voilà un qui, hier, n'aura pas beaucoup aidé à populariser son sport.

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