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Le mauvais numéro d'un vrai fou...

Pas d'arène, pas de masque, pas de Hulk Hogan version féminine, pas de bâton électrique non plus et pas de cage. De la lutte dans la pure tradition olympique.

 

Pour tout vous dire, je n'avais pas vraiment envie d'assister aux compétitions de lutte féminine style libre, dimanche. Surtout que Michael Phelps, le nageur moitié homme, moitié dauphin, à dix minutes de là, était en train de gagner une huitième médaille d'or qui est entrée dans la légende.

 

Entre une compétition de lutte olympique et la chance de voir une dernière fois l'homme qui s'amuse à changer l'eau en or, le choix était plutôt évident.

 

Mais bon. Une Québécoise triple vicechampionne du monde, Martine Dugrenier, était en lice chez les 63 kg et, parce qu'elle représentait un espoir de médaille, j'ai pris le chemin de l'Université agricole de Chine tout en maudissant ce conflit d'horaire.

 

Je n'ai pas regretté ma décision, mais je mentirais si je disais que je suis soudainement devenu accro à la lutte olympique.

 

Je vous entends d'ici: «La lutte olympique? Bâtard! Touchette, pousse, mais pousse égal...»

 

Mais le spectacle, sans blague, valait le détour.

 

UNE VICTOIRE PEU BANALE

 

Il y a des sports conçus pour la télé, d'autres pas. La lutte olympique, vraisemblablement, appartient à la deuxième catégorie.

 

Il faut vivre l'événement sur place pour en apprécier, du moins dans une certaine mesure, la dynamique et les subtilités. C'est sans doute vrai pour bien d'autres sports olympiques, parfois mal compris au point d'être méprisés.

 

La Québécoise, donc, a gagné ses deux premiers combats avant de perdre devant la championne olympique en titre, la Japonaise Kaori Icho, qui, en troisième et dernière période, l'a emporté par décision de l'arbitre.

 

Dugrenier, ensuite, s'est battue pour l'une des deux médailles de bronze. On connaît la suite.

 

Cela dit, la Lavalloise, vigoureuse à souhait et spectaculaire par moments, a donné un très bon show. Son combat contre la Chinoise Xu Haiyan, l'une des meilleures du monde, a constitué un moment fort.

 

Elle a non seulement renversé une favorite, mais elle a aussi cloué le bec à une foule qui, vous l'aurez deviné, était rangée massivement derrière Haiyan.

 

En lutte, une victoire contre une Chinoise n'est jamais banale, et celle de Dugrenier s'inscrira certainement parmi les souvenirs les plus mémorables de sa carrière.

 

IL LA FRAPPE À LA SERVIETTE !

 

Le seul bémol de la compétition aura été le comportement hystérique d'un entraîneur français qui aurait mérité une clé japonaise. Ou encore la prise du petit paquet. Et deux fois plutôt qu'une.

 

Pendant que Lise Golliot-Legrand, non sans éprouver quelques difficultés, se battait contre une Russe, on l'a vu crier comme un putois, gesticuler et enguirlander sa protégée. Un comportement inadmissible, que ce soit aux Jeux olympiques ou encore aux championnats provinciaux de Sainte-Agathe.

 

À la pause, il a même frappé la Golliot-Legrand avec une serviette mouillée. Un vrai fou, qu'on vous dit.

 

Pendant quelques minutes, j'ai eu l'impression de revoir un mauvais numéro de la WWF.

 

Ce fut, somme toute, la seule fausse note d'une compétition qui, franchement, avait de bons moments à offrir.

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